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Jean-David Gallet

Qui suis-je ?

Extrait "Dans le secret de la nuit"

Psychologue de formation, longtemps cadre RH dans de grandes entreprises industrielles, je suis aujourd’hui gérant d’une petite entreprise.

J’ai commencé à m’intéresser à l’astronomie à l’âge de 7 ans. A 20 ans, je programmais des logiciels pour déterminer le lieu et l’heure exacte des levers de Lune et de Soleil.

A 30 ans, je suis passé dans le monde des astronomes amateurs, c’est-à-dire que j’ai commencé à m’équiper d’un télescope pour découvrir le ciel autrement qu’à l’œil nu ou qu’avec une simple paire de jumelles.

Je me suis ensuite intéressé à l’astrophotographie (argentique à l’époque). J’ai progressé.

En 2005, j’ai publié « Dans le secret de la nuit », un recueil de textes et de photos du ciel.

Puis le numérique est arrivé et nous a obligé à avoir des ordinateurs, des câbles, des rallonges électriques et des caméras CCD sur le terrain. L’astrophotographie est devenue de l’informatique. L’astrophotographie nomade devenait difficile. Je me suis donc naturellement retourné vers l’observation. Pensant m’en être lassé, j’ai découvert que non. Il fallait les instruments adaptés. Il fallait le ciel et les lieux adaptés. Il fallait trouver en soi le renouvellement, le désir de ce que l’on a déjà fait cent fois, ce que l’on connait, ces terres et ces lieux connus et apprivoisés. Il fallait les apprécier, les siroter, juste pour retrouver quelque chose d’unique : le plaisir d’être seul la nuit, sous la voute céleste immaculée.

Je fuis ainsi les villes. Je cherche des routes oubliées pour capturer les étoiles au fin fond de lieux épargnés par notre lumineuse civilisation.

L’astronomie populaire – celle des bergers et des amoureux, celle qui faisait que chaque père montrait la Grande Ourse et l’étoile Polaire à ses enfants – cette astronomie est en danger parce, chaque nuit, la lumière fouille et grignote la campagne de ses tentacules de réverbères. Quelle peur fait que l’homme s’acharne à chasser la nuit de sa vie ? Quand serons-nous condamnés à ne voir les étoiles qu’à travers des télescopes envoyés dans l’espace…

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Dans le secret de la nuit extrait :

C’est une soirée d’automne, glacée, emmitouflée dans les brumes de la Sinne. J’ai visité Orion, percé son secret ? Pas encore tout-à-fait. Je m’arrête un instant, ébahi par les lieux.

Saturne culmine dans sa robe orangée. Ce soir est humide, comme souvent à l’automne. Mes affaires ruissellent d’un doux serein, bientôt givré. Ce soir est clair, dégagé. Pas de nuages prévus, pas de nuages venus.

Persée est au zénith. L’envie d’y accoster m’effleure. Il existe en son sein deux jumeaux, un double amas d’étoiles. J’ai pointé, cherché, rapidement trouvé.

Je quitte la Terre. Oubliées l’atmosphère et les brumes de la Sinne. Le système solaire en un rien enjambé, Saturne distancé. Je suis en l’infini, aux confins. Inutile de me parler, je suis parti. Le double amas est là, sans barrière, sans entrave. Il est à moi.

Je suis comme allongé au creux d’une herbe grasse. J’invente mon ambiance. Quelques filantes fusent, crépitent et s’évanouissent, comme un lointain assaut. Je me sens bien, comme reposé par la douceur d’un pré, un soir de juin. Je suis au ciel.

Bien sûr, il existe des galaxies lointaines, très lointaines, des planètes inconnues. Bien sûr, Orion, les Dentelles et quelques autres. Mais ces deux-là, à chaque fois me conquièrent, me prennent sans coup férir, sans prévenir. Ils m’enlèvent, m’emmènent et je suis en silence.

Double amas, je t’ai photographié. Pas si facile. Je t’ai tant observé, jamais lassé, si limpide. Et la magie, comme chaque fois, s’est faite en moi.

Il a suffi, parfois, de montrer l’amas, pour que naisse l’émotion. Et le blasé s’étonne, et le novice s’abonne, pour revenir, vite revenir, vendredi prochain, pour voir l’amas.

A nouveau, il sera là. A nouveau, il culminera de ses mille soleils. Il traversera le verre, se présentera.

Lumière fatiguée, des siècles à voyager. Bien arrivée… A la Sinne.

J’étais juste là, entré par hasard. J’ai vu la lumière. Je l’ai recueillie, si vieillie. Geste futile, difficile.

Maintenant elle est là, bercée en ma mémoire. Lueur d’espoir.

Livre "Dans le secret de la nuit"